Location point

Villars-sur-Var

Emplacement

France
43° 56' 13.5276" N, 7° 5' 54.132" E

 

On ne peut pas monter sur le plateau de Savel sans venir déguster un « clos saint Joseph » bien frais, sur une terrasse ombragée. Mais la dégustation de ce vin sera d'autant mieux méritée qu'elle permettra de se reposer après une visite au village. On pourrait remonter le temps jusqu'en 1000 avant notre ère que l'on trouverait traces et récits d'habitations, d'invasions barbares, de famines ou d'épidémies redoutables qui feront descendre la population progressivement vers le site où nous nous trouvons aujourd'hui.
En 1388, la région niçoise rallie la bannière du Comte de Savoie et les Grimaldi de Beuil qui reçoivent Villars ont compris à leurs dépens, en 1621, qu'on ne brave pas impunément son suzerain, même s'il a tenté de vous empoisonner : Annibal sera exécuté et son château rasé. Le village garde cependant de nombreux vestiges médiévaux et l'on saura lire dans cette disposition concentrique les différentes périodes d'urbanisation.
Quelques incontournables parmi tant de choses à voir : l'allée de colonnes Grimaldi (XVème), la porte St Antoine, la Castre et tant de merveilles dans les églises, signées de noms dont certains dépassent la notoriété niçoise. Dans l'église, le « polyptyque de St Jean-Baptiste » (1524) est attribué à Antoine Bréa, tandis que sa partie centrale est signée d'Antonio Ronzen et la statue du saint patron, aujourd'hui détachée de l'ensemble, de Mathieu d'Anvers (autre flamand installé dans la région).
Aura-t-on maintenant le courage de poser son verre pour sortir du village et rendre visite au pont médiéval, ou contempler un Jacques Bottero à l'intérieur de l'église Saint-Martin (XIème à XVIIème) dans le village perché de Thiéry (voir les restes du premier château des Beuil). N'oublions surtout pas un petit chocolat maison à la gare avant de repartir par le train des pignes !
 
 

Venanson

Emplacement

France
44° 3' 12.0924" N, 7° 15' 5.3712" E

 

Lieu fréquenté par les touristes, en villégiature à St Martin de Vésubie, cet observatoire perché sur son piton rocheux est attesté comme pays de Venacione (« Venasseurs », en rapport avec la chasse) dès le 11ème siècle. De ce fait, on ne manquera pas de s'étonner de voir le village sous le patronage de St Sébastien, victime réputée des archers. Sa vie nous est racontée en 13 tableaux (datés de 1481), dans la chapelle qui porte son nom, par Jean Baleison, le même auteur qui, pour la même occasion, dans une église dédiée au même saint, achèvera 10 ans plus tard, à St Etienne de Tinée, la peinture murale représentant la mort tirant ses flèches sur la population. Cette chapelle fut érigée pendant la grande peste de la fin du XVème siècle. Un peu plus loin la chapelle St Roch, protecteur du village contre la peste, expose les peintures murales de Paul Macaris (1987).
Des promenades ? On peut parcourir la forêt de la Malune ou partir à la recherche de chamois ou même de mouflons en montant vers les cols du Fort, vers le pic du Tournairet (qui domine le magnifique village de La Tour) ou celui de Colmiane dominé par le pic du même nom, bien connu des skieurs. Une ombre imposante couvre le sol ! Ne soyons pas étonnés, quelques couples d'aigles royaux nichent dans les environs immédiats.
 

                          

Valdeblore

Emplacement

France
44° 3' 58.9464" N, 7° 12' 10.4796" E

 

Si nous sommes à « Val de Blore », c'est que nous avons voulu quitter la Tinée pour la Vésubie ou inversement. Nous sommes donc sur un lieu de passage. Rien d'étonnant à ce que les archéologues aient pu s'intéresser à cet ensemble de villages réunis dans ce Val des Pleurs habité depuis des temps immémoriaux. On a pleuré en 1612 quand l'ouverture d'une crevasse fut suivie de l'incendie de St Jacques de Blora, obligeant les survivants à s'installer à La Bolline (de boïn, bovin ?). Mais on pleurait bien avant, aux alentours de St Dalmas, village fortifié par les Templiers. Le martyre de cette jeune et jolie « Frema » épouse d'un seigneur cruel, donna son nom à une grotte et un col. Mais en prêtant l'oreille on doit encore entendre les gémissements de toutes ces femmes qu'il enfermait et qui criaient la faim (Bramafan) dans cette vallée des « blores ».
Les églises sont nombreuses et recèlent quelques signatures remarquables : celle de Jean-Baptiste van Loo (1704) dans l'église St Jacques à La Bolline ou celle de Rocca dans la chapelle des Pénitents Blancs du même village, celle de Guillaume Planetta à St Dalmas dans une des plus belles églises romanes (an 1000) de la région, monument classé, dédiée à l'« Invention de la Sainte Croix » laquelle détient également un retable d'Andréa de Cella et des peintures murales du XIVème. Une jolie chapelle à Mollières (de molheras = marécages) le « village des mangeurs de marmottes », rattaché à la France seulement en 1947 par référendum. Une dernière église mérite détour, consacrée aux pénitents noirs, à La Roche. Il restera suffisamment d'autres chapelles à visiter pour motiver un retour pour qui aurait quelque remord.
 

La Tour

Emplacement

Italy
43° 56' 47.1228" N, 7° 11' 3.12" E

 

Il a fallu s'écarter de la Tinée pour venir se dépayser à La Tour, prendre un bain de couleurs. En remontant religieusement l'entrelacement des ruelles, à la recherche d'une nouvelle façade décorée, d'un nouveau trompe-l'œil surprenant, on ne mettra pas longtemps à réaliser que l'on foule les dalles d'un village classé monument historique. Si le moulin à huile date du XVIIIème, St Martin est l'une des rares églises gothiques qui n'ait pas vu sa façade ramenée au goût baroquisant. Une « maison des templiers »... On opère une plongée paradoxale dans l'obscur d'un Moyen Age omniprésent, tout en étant illuminé des couleurs italiennes.
Les démons et toutes sortes de diables ne sont pas loin, ramenés de la montagne par St Bernard de Menthon comme l'atteste une peinture dans la chapelle des Pénitents Blancs. On ne craindra pas pour autant de se perdre dans ces coupes-gorges enchevêtrés que devaient hanter, il n'y a pas si longtemps sans doute, les fantômes des victimes de la peste de 1467, poursuivant les quelques survivants qui avaient déserté St Jean d'Alloche, leur premier village, juché sur le chemin du col de Gratteloup.

La peinture colore les rues comme elle décore l'intérieur des églises. Une « Passion du Christ », un « Jugement dernier », probablement signés de Brevesi et de Nadali, peintres niçois de la fin du XVème. Et puis cette place qui semble disposée autour d'une monumentale fontaine octogonale et présente au visiteur qui la découvre par hasard, ces maisons à arcades bien réelles ou aux reliefs en trompe l'œil.

         

                    

Sigale

Emplacement

France
43° 52' 18.8796" N, 6° 57' 52.1064" E

 

Avant d'entrer dans Sigale, on ne manquera pas de s'arrêter. Si l'on vient de Roquesteron, on passe par la cité romaine d'Alassia. Les ruines de son temple ont comme souvent permis la construction d'un édifice chrétien qui efface toutes traces d'un ancien culte, tout en restant lieu de pèlerinage (19 mai), vestige de rites aux origines oubliées. Notre dame d'Entrevignes date du XIIème et contient de magnifiques fresques relatant la vie de Marie. Allez, encore un petit effort pour monter jusqu'à Cuébris le village le plus peuplé de la région au XVème, enchâssé avec son château dans le piton qui le domine. Si l'on entre dans la vallée de l'Esteron venant du Riolan, après avoir emprunté le Vieux pont de Sigale, on s'arrêtera à la clue.
La route coupe en réalité deux villages, Sigale au sud et Sigalon qui n'est plus que ruines. Flâner dans le village fortifié, à la découverte d'une porte médiévale, d'un reste des remparts, de souleiaires ces séchoirs à fruits (figues) qui donnent cette allure particulière à certaines maisons et granges, ou encore d'enseignes. L'une d'elles fait article pour un tailleur de pierre et porte la date de 1714. Encore une église romane typée avec sa décoration baroque à l'intérieur dont le « buste reliquaire de Ste Lucide » et l'« Adoration du Sacré Cœur » daté de 1762
Les marcheurs ne manqueront pas le circuit de la Cime de la Cacia (4h30 pour 650m de dénivelé tout de même) pour aller voir un castellaras ligure et deviner dans quelle direction elle envoyait ses signaux.
 

Saint Etienne de Tinée

Emplacement

France
44° 15' 17.3268" N, 6° 55' 30.8964" E

 

C'est incontestablement l'ouverture de la station de ski d'Auron en 1937 qui a redonné vie à Saint Etienne de Tinée dévastée par un incendie un peu plus de dix ans auparavant. Pourtant sa position géographique en faisait une ville de passage florissante, dont l'existence est attestée la première fois en 1066.
C'est donc devenu un départ d'excursions diverses, mais on ne manquera de commencer par le village, parce qu'un certain nombre de maisons décorées (trompe l'œil de la maison Fabri ou masques grimaçants sur les linteaux) et d'églises aux fresques murales caractéristiques, méritent qu'on s'y intéresse.
 
Cette tour, c'est un clocher roman de 1492 qui invite à pénétrer dans l'église reconstruite au XVIIIème siècle dédiée à St Etienne ("monument historique",oeuvre du maître maçon niçois Antonio Spinelli), pour voir son maître autel, merveille du style baroque.

Pas moins de trois musées dont le musée du lait et celui de l'école. Le musée d'art religieux, installé dans l'ancienne chapelle St Michel, recèle un « triptyque de la Vierge » daté de 1510 et un riche mobilier religieux. Toutes les chapelles ont été construites ou reconstruites entre le XVème et le XVIIème. Celle qui est consacrée à St Sébastien renferme des peintures murales de Canavesio et de Jean  Baleisoni, en particulier, représentant la peste sous les traits de la mort tirant des flèches sur la population (le même Jean Baleisoni avait terminé dix ans auparavant une vie de St Sébastien remarquable à Venanson). Par contre si l'on veut contempler « une vie de St Sébastien », on entrera plutôt dans St Maur tandis que, fait remarquable à 1140 m d'altitude, la « bataille de Lépante » figure sur la voûte de la chapelle du couvent des Trinitaires, non sans anachronismes naïfs.

 

                                      

Roubion

Emplacement

France
44° 5' 32.838" N, 7° 3' 0.7884" E

 

Roubion a pardonné. Les Roubionnais étaient engagés dans un conflit de terroir qui les avait conduits à brûler les granges de leurs voisins. Ils pensaient l'affaire close du fait de leur ralliement à l'armée française quand le baron des Vins décide d'incendier leur village en 1691. Mais le village est bien plus ancien puisqu'on le pense fondé par les Ligures 800 ans avant notre ère.
Roubion devait à l'origine en partie entourer son château dont il ne reste plus que des ruines, classées cependant. L'essentiel du village actuel présente des bâtisses du XVIIIème, entourées de vestiges de remparts médiévaux du XIIème édifiés avant tout pour protéger la population des loups. Au mouton (XVIIème siècle) est dédiée l'une des nombreuses fontaines intéressantes qui alimentaient le village en eau. La chapelle (1613) renferme d'originales peintures murales illustrant « une vie de St Sébastien » racontée en vieux provençal. Ne pas manquer, les « diables musiciens ». Quelques pièces justifient le détour par l'église du XVIIIème, comme ce parchemin sur lequel les habitants détaillaient leurs oboles à la vierge dans des monnaies différentes.
Vient-on dans la vallée de la Tinée sans idées de balades ? Le hameau de Vignols peut être un but pour les marcheurs.
 
                  

Roquebillière

Emplacement

France
44° 1' 7.1436" N, 7° 18' 39.0348" E

 

On pourra choisir de venir en juin et en août pour fêter St Louis puis St Julien, mais on évitera surtout de manquer le retour des bergers lors de la foire d'octobre. Nous sommes dans la vallée de la Vésubie et Roccabellera est le rocher aux abeilles. Son histoire est marquée par les catastrophes naturelles où se mêlent inondations, tremblements de terres et glissements de terrains meurtriers depuis le VIème siècle, qui ont amené les villageois à reconstruire pas moins de six fois leur village, aujourd'hui coupé en ancien et nouveau.
C'est maintenant une petite bourgade commerçante qui propose, en particulier, de présenter la pisciculture aux enfants dans sa « ferme pédagogique ».
On sillonnera les rues à la recherche de maisons alpines aux greniers caractéristiques ou de quelques églises historiques. St Michel de Gast présente une croix pattée à son entrée, en hommage aux chevaliers qui la firent reconstruire au milieu du XVIème siècle. A l'intérieur se mêlent des piliers romans originaux surplombés de voûtes gothiques. S'arrêter devant le tableau renaissant du saint patron, ou le retable à « St Antoine du désert » (école niçoise), les fonds baptismaux taillés dans la pierre volcanique, et l'on s'assiéra sur les bancs dans le bois desquels sont gravés les blasons des notables.

Les alentours ne manquent pas non plus d'intérêt, avec en particulier Berthemont qui, au milieu des châtaigniers, propose les seules sources thermales de la région.

VILLENEUVE-LOUBET

Emplacement

France
43° 39' 29.1312" N, 7° 7' 21.7308" E

 

C’est le Loup qui donne son nom au village. Il y prend sa forme diminutive de Loubelo et coule paisiblement au pied du promontoire que domine l’imposant château. On l’aura compris, le Loup du lieu est tout ce qu’il y a de plus pacifique, agréable cours d’eau qui vient rafraîchir les plaines chaudes du littoral avant de se jeter dans la Méditerranée. Les romains profitaient déjà de ces plaines arrosées et verdoyantes. Nombres d’études érudites relatent les découvertes du quartier du Vaugrenier qui garde d’importants souvenirs de cette époque antique.
 
Le Moyen-Age apporte son lot d’attaques et de dangers. Le territoire alentour a gardé ses étonnantes tours de guet. C’est peut-être au pied de la tour de la Trinité (dite aussi de la Madone), au quartier de la Garde, que le premier village de Villeneuve-Loubet s’est formé. Elle est maintenant isolé, mais garde ce lien visible avec celle du Loubet au profil étrangement incliné. On imagine les signaux de feux et de fumées qui se répétaient de tour en tour, vers Saint Paul, Bar sur Loup, Cagnes et au-delà.
C’est sans doute autour du 12ème siècle que le site du Loubet prend son essor, la construction du château pourrait avoir débuté dès cette époque. Au cours du siècle suivant se fait l’entrée dans la grande Histoire, avec l’attribution du fief à Romée de Villeneuve, prestigieux ministre du Comte de Provence. L’homme d’arme jouera un rôle déterminant pour l’évolution de la Provence, mais c’est l’élévation de son âme qui le portera sur les plus hauts sommets du Paradis de la Divine Comédie de Dante Alighieri. On l’imagine en prière dans son château, revêtu de la bure du moine pour retrouver l’humilité qui fut sa plus belle arme.
 
Un site aussi noblement habité ne pouvait recevoir moins qu’un roi, c’est le plus puissant d’entre eux qui séjournera au château, à l’occasion d’une démarche de paix proposée par le pape Paul III. En 1538, François Ier s’installe à Villeneuve-Loubet, le temps de signer un traité avec son ennemi Charles-Quint, (c’est le célèbre Congrès de Nice), mais aussi de visiter les lieux alentours. Un tel événement reste dans nos mémoires et c’est joyeusement qu’on le revivra chaque année dans une grande fête de la Renaissance où le village s’anime de couleurs et bannières d’autrefois, donnant à chacun l’occasion de se vêtir de l’habit du villageois qui se prépare à accueillir le Roy.
 
La fête sera aussi celle des saveurs, les gastronomes avertis ne manqueront pas les fêtes gourmandes, instituées dans le souvenir d’Auguste Escoffier dont on visite encore la maison natale pour se délecter à la lecture des ses savoureux menus et recettes inventives. Au-delà du grand Chef, c’est l’aussi l’homme qu’on se plaira à découvrir. Tout comme le village où il est né, il ne manque pas de ressources et sera appelé à un destin prestigieux.

VILLENEUVE LOUBET - RENAISSANCE

Cabris

Emplacement

France
43° 39' 26.784" N, 6° 52' 26.4288" E

 

Cabris partage le même balcon que la ville de Grasse qu'il jouxte. Sa situation panoramique, en apparence privilégiée, en a fait une victime des guerres, au point que les traces du passé sont difficilement lisibles. On peut rêver du vieux château médiéval très endommagé au moment de la succession de la reine Jeanne, puis définitivement rasé après avoir été incendié au moment de la Révolution. Cet acharnement contre ses vieilles pierres ne serait-il pas justifié par les pulsions meurtrières de sa dernière chatelaine ?
Alors on s'accoudera sur le parapet pour repérer Mougins, le golfe de La Napoule, les îles de Lérins, le lac de Saint-Cassien, ou pour voir le mont Agel et par temps clair peut-être la Corse ou le Faron. On en profitera aussi pour rassembler ses souvenirs de lecture afin d'évoquer d'illustres visiteurs comme Saint-Exupery qui choisit de s'y installer, comme Camus ou Gide, Colette, Valéry, ou Roger Martin du Gard. La fondation Andrée Vienot continue, à « la Musseguière », depuis 1947, à ouvrir ses portes aux écrivains et plus généralement aux artistes.

Qui veut remonter dans des temps pré-historiques, peut aller visiter le parc et la grotte des Audides. Dans le village il est tout simplement agréable de se promener à la découverte de petites places ombragées. Quelques chapelles et églises à visiter, construites entre le XIVème et le XVIème, dont Ste Marguerite, aujourd'hui consacrée à l'art, et l'église baroque Notre Dame de l'Assomption qui contient une très belle chaire en bois polychrome et une toile de Murillo, don de l'impératrice Eugénie.

 

                                                                       

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