Emplacement
Place du Monastère de Cimiez
NiceFrance
43° 43' 14.1816" N, 7° 16' 43.6296" E
L’emplacement où est construit l’église correspond probablement à celui où se trouvait un temple romain, peut-être consacré à Diane. Ce temple faisait partie de la cité de CEMENELUM, capitale de la province des Alpes-Maritimes.
L’église aurait été construite sur ce site au 9ème siècle par les moines de l’abbaye voisine de saint Pons qui la desservirent jusqu’au 16ème siècle.
En 1543, lors du siège de Nice par les troupes franco-turques, le monastère de la Sainte-Croix des frères mineurs de l’Observance, situé hors la ville (quartier Buffa, à la Croix de Marbre) fut détruit. En 1546, il fut suggéré aux moines de s’installer à Cimiez, pour occuper le sanctuaire des bénédictins qui était pratiquement inutilisé. On procéda à l’échange de terrains, et les Observants construisirent un nouveau couvent qui devint, en un demi siècle, un lieu de pèlerinage parmi les plus fréquentés de la région.
La communauté franciscaine était animée d’une grande vitalité, elle créa dans la région de nombreux couvents dépendants : Sospel, Saorge, Carnolès, Lantosque, Monaco.
Cimiez était un centre actif de recherche, d’étude et de prière. De nombreux frères s’y préparèrent pour partir en mission.
La Révolution mit fin à cette activité, qui put cependant reprendre avec la restauration sarde en 1814. En 1849, Cimiez était déclaré couvent de hautes études et l’on pouvait y soutenir des thèses en théologie et philosophie.
Au début du 20ème siècle, la loi sur les congrégations et de séparation de l’église et de l’état vinrent à nouveau altérer la vie du monastère et réduire son activité.
A l’heure actuelle, trois frères séjournent au monastère et officient en tant que prêtres.
Description :
Le couvent fut reconstruit dès 1546, l’arrivée des franciscains (petit cloître) et agrandi au 17ème/18ème siècles (grand cloître).
L’église actuelle correspond à l’église bénédictine du 15ème siècle. Simple nef sans bas-côtés à trois travées couvertes de voûtes d’ogives. Aux 16ème et 17ème siècles, on construisit quelques chapelles latérales et le chœur derrière l’autel pouvant accueillir 40 moines. En 1662, la famille Caissoti et Roubion de Nice finança la construction du portique pour abriter les pèlerins, et fit figurer le dessin de ses armes dans la calade du sol.
La façade fut construite en style néo-gothique au 19ème siècle.
L’édifice est de dimension réduite, mais l’intérieur offre cependant une grande richesse de peinture et de mobilier.
Les voûtes de la nef et du chœur furent peintes en 1859 par un artiste vénitien, le Chevalier Giacomellli, illustrant la vie de saint François et de grands saints franciscains, ainsi que des évangélistes.
Le somptueux retable en bois sculpté est doré à la feuille d’or et daté de 1663. Il est très comparable dans son style à celui de l’église du monastère de Saorge. La statue de la Vierge au maître autel provient de l’ancien monastère de la Sainte-Croix démoli en 1543, c’est la Vierge des Grâces qui se manifesta miraculeusement en bien des occasions. Paul Canestrier relate qu’ « au début du 18ème siècle, une caravane d’explorateurs européens parmi lesquels se trouvait des niçois, fut assaillie par une bande de crocodiles dans la Haute Egypte et sauvée par l’intercession de N.D. de Cimiez implorée par les niçois ; ceux-ci rapportèrent comme ex-voto un crocodile abattu à coups d’arquebuse, qui fut longtemps exposé dans l’église de Cimiez, puis relégué dans les combles du vieux lycée.
En 1793, deux moines tentèrent d’enlever la statue de la Madone pour la mettre à l’abri des sans-culottes. La statue se fit si lourde qu’ils ne purent l’ébranler. La Madone voulait rester au-dessus de l’autel. Durant toute la période révolutionnaire, personne n’osa insulter l’image miraculeuse ».
Il est à noter que la Madone de Cimiez fut au cours des siècles une fidèle protectrice, même dans les temps les plus difficiles. Les murs du sanctuaire étaient alors couverts d’ex-voto qui disparurent après la Révolution.
Une croix séraphique de marbre fut installée à l’intérieur de l’église, une copie se trouvant à l’extérieur. Elle est datée de 1477 et provient du monastère des franciscains Conventuels qui se trouvait dans la vieille ville et fut détruit à la Révolution. Elle fut sauvée de la destruction et cachée jusqu’au 19ème siècle. Elle est de taille monumentale et conçue selon le modèle des croix de procession du 15ème siècle avec des bras terminés par des médaillons tréflés où figurent des personnages selon un symbolisme traditionnel. Ici, l’avers représente la Vierge au centre, le Christ Sauveur au médaillon supérieur, ceux des bras latéraux représentant saint Bernardin de Sienne et saint Claire. Au revers, une figure centrale de séraphin crucifié rappelle la stigmatisation de saint François. Au médaillon de gauche, saint Louis de Toulouse et à droite, saint François.
En haut de la croix, un pélican symbolise le Christ donnant son sang pour les hommes.
Trois peintures de Louis Bréa ou de son atelier sont présentes dans l’église, une Pietà de 1475, une Crucifixion datée de 1512 et une Déposition non documentée.