Notre Dame du Mont

Emplacement

Route de la Madone
Breil-sur-Roya
France
43° 56' 46.8996" N, 7° 30' 45.3204" E

 

L’église construite dès le 11ème siècle fut autrefois l’église paroissiale, située aux abords de la grande route reliant Nice aux états de Savoie. Elle était construite hors de l’habitat fortifié. On l’appellait Madone du Mont des Oliviers, ou Madone del cucurrone. On la trouve aussi sous le nom della vitte ou del cocolone. Elle fut profondément remaniée au cours des siècles. La construction romane se poursuit au 13ème siècle, et l’édifice est surélevé au 16ème. Un nouveau clocher est construit peu avant 1643.
Le sanctuaire subit d’importantes dégradations au passage des troupes révolutionnaires en 1793, il sera restauré au 19ème siècle.
 
L’édifice conserve des éléments caractéristiques du premier art roman, particulièrement visibles au niveau de l’abside construite en petits moellons et ornée de festons. L’absidiole sud date de la même époque, mais elle est cachée à la vue par un mur de soutènement du clocher édifié au 17ème siècle.
L’absidiole nord présente des moellons plus réguliers, les retombées des festons y sont plus soignées, ce qui dénote une deuxième période de construction romane, au 12ème ou 13ème siècle.
L’ensemble fut rehaussé et renforcé aux 16ème et 17ème siècle, ce qui a beaucoup modifié l’aspect général de l’édifice. Mais le chevet marqué dans sa construction par le passage du temps exprime une belle noblesse.
 
On accède à l’intérieur par un porche sans âge ouvert sur le mur nord. Sa simple structure en arc cintré à trois rouleaux sans tympan ne donne aucune indication de datation. L’espace est divisé en trois vaisseaux, séparés par d’amples arcades très légèrement brisées reposant sur de frustres piles cylindriques montées en tambours superposés. Les lourdes corbeilles des chapiteaux, très comparables à ceux de la Madone del Poggio de Saorge, présentent une grande simplicité. Celle-ci ne signifie pas forcément que la datation est ancienne. Elle pourrait remonter au 13ème siècle si l’on prend en compte le phénomène de survivance des styles très fréquent dans notre région alpine.
Les voûtes en cintre surbaissé reposant sur une corniche datent du 16ème ou 17ème siècle. Elles sont construites en plâtre, selon les procédés de l’époque communs au nord de l’Italie, et remplacent probablement une simple charpente. Seules l’abside et les absidioles ont conservé leur voûtes primitives en cul-de-four.
On a connaissance de fresques peintes au 16ème siècle par Agostino Reibaudi, originaire de Triora. Mais celles-ci ont disparu au cours d’une restauration dans les années soixante.
 
NOTES SUR LE PREMIER ART ROMAN
 
Au cours du 11ème siècle, un modèle de construction prend forme en Lombardie et se diffuse à travers l’Europe, jusqu’au nord de l’Espagne, par voie terrestre ou maritime.
Le modèle des églises qui apparaissent alors est presque reproduit à l’identique dans différentes régions. L’édifice est en général de petites dimensions, construits en petit appareil irrégulier, formant des volumes simples et massifs décorés de festons, « lésènes », et dents d’engrenages sur les parties hautes. Le plan est simple, à nef unique sans transept s’ouvrant sur un chœur voûté en cul-de-four, pouvant se développer en trois absides selon la tradition lombarde.
Une ample crypte voûtée en arêtes se développe sous le chœur, offrant un vaste espace à la dévotion des fidèles. La couverture de l’édifice peut être de charpente, mais on voit dès le 11ème siècle des couvertures d’origine en voûtes avec ou sans doubleaux.
 Les supports prennent la forme de piles trapues le plus souvent sphériques, maçonnées en petits moellons. Les chapiteaux, également maçonnés, ont la forme simple d’un cône renversé. L’articulation des supports n’apparaît qu’à la fin de la période et annoncent l’épanouissement du style roman.
 
Les clochers sont construits hors œuvre, légers et élégants, ouverts de baies géminées dans la partie haute et couverts par une toiture à quatre pans.
 
Nombre d’édifice de notre région se rangent dans cette catégorie : Saint-Dalmas de Valdeblore, la Madonne del Poggio à Saorge, la Madone Notre-Dame-du-Mont et le clocher saint Jean à Breil-sur-Roya, pour ne citer que les plus marquants.
 

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