Roubion (2)

Roubion

Emplacement

France
44° 5' 32.838" N, 7° 3' 0.7884" E

 

Roubion a pardonné. Les Roubionnais étaient engagés dans un conflit de terroir qui les avait conduits à brûler les granges de leurs voisins. Ils pensaient l'affaire close du fait de leur ralliement à l'armée française quand le baron des Vins décide d'incendier leur village en 1691. Mais le village est bien plus ancien puisqu'on le pense fondé par les Ligures 800 ans avant notre ère.
Roubion devait à l'origine en partie entourer son château dont il ne reste plus que des ruines, classées cependant. L'essentiel du village actuel présente des bâtisses du XVIIIème, entourées de vestiges de remparts médiévaux du XIIème édifiés avant tout pour protéger la population des loups. Au mouton (XVIIème siècle) est dédiée l'une des nombreuses fontaines intéressantes qui alimentaient le village en eau. La chapelle (1613) renferme d'originales peintures murales illustrant « une vie de St Sébastien » racontée en vieux provençal. Ne pas manquer, les « diables musiciens ». Quelques pièces justifient le détour par l'église du XVIIIème, comme ce parchemin sur lequel les habitants détaillaient leurs oboles à la vierge dans des monnaies différentes.
Vient-on dans la vallée de la Tinée sans idées de balades ? Le hameau de Vignols peut être un but pour les marcheurs.
 
                  

Chapelle Saint Sébastien

 

Au pied du village de Roubion, au lieu dit « Collet de la Font » se dresse une modeste chapelle offerte par un donateur pour protéger les villageois de la peste. Monsieur Erige Lubonis et son fils ont la volonté et « le désir de laisser un souvenir salutaire par le moyen d’une pieuse dévotion ». L’acte notarié est daté du 12 avril 1513.
 
Il est surprenant de constater que les peintures murales recouvrent non seulement les parois intérieures, mais aussi le mur nord où l’on « Saint Michel terrasse le dragon ».
A l’intérieur, douze scènes peintes sur la voûte et les cotés reprennent le cycle de la vie du saint et sont explicitées par des légendes en caractère gothique en ancien provençal.
La cavalcade des vices et des vertus occupe la partie inférieure.
 
Au chevet
La Crucifixion : Le Christ entre la Vierge, saint Jean baptiste et Marie Madeleine. Cette scène domine trois compartiments : au centre la Sagittation, à gauche une Piéta, à droite saint Antoine abbé et saint Maur. Des pilastres renaissance ornés d’arabesques délimitent chaque panneau.
 
La lecture se poursuit, coté droit, de droite à gauche : saint Sébastien armé chevalier, le saint prêchant, Sébastien réconforte Marc et Marcellin. En haut l’Ange apparaît à Sébastien, Arrestation, Flagellation. En bas, Sébastien devant Dioclétien, Sébastien assommé,
Sébastien jeté au cloaque.
 
Sur le mur gauche, on voit l’apparition de Sainte Lucine, cette dernière fait extraire le corps du saint du cloaque, et le cycle se termine par l’office funèbre de Saint Sébastien.
 
Dans la partie inférieure apparaît le thème fort prisé des vices et des vertus. Il semble nécessaire de prêcher les valeurs chrétiennes au moyen des ces images populaires qui parlent à chacun. Les vertus se trouvent sur la droite, représentées par des jeunes vierges, selon une tradition qui remonte aux premiers temps de l’ère chrétienne. Jacques Thirion fait remarquer que la Foi est souvent omise dans les représentations de nos simples chapelles, elle est une évidence et n’a pas besoin d’être prêchée, tout comme l’Espérance. Par contre il est toujours nécessaire d’inciter à la Diligence, la Charité, la Tempérance, la Patience, la Chasteté, la Largesse et l’Humilité.
A gauche de la scène, le prêtre agenouillé représente Erige Lubonis, le donateur, qui desservit la chapelle de 1513 à 1518.

Sur le mur d’en face, suivant une tradition souvent adoptée dans le comté de Nice, les vices sont incarnés par des animaux, formant une cavalcade endiablée qui se jette dans la gueule de l’enfer. Les images simples s’adressent au paysan qui connaît bien ses animaux et tous leurs défauts, il reconnaîtra sans erreur la paresse de son âne ou l’avidité de son chien. On peut remarquer que cette iconographie n’est pas aussi commune en Piémont, où les Vices sont plutôt représentés par l’image de leurs effets et châtiments, selon une vision traditionnelle en Europe au Moyen-Age. 

Emplacement

France
44° 5' 34.224" N, 7° 3' 3.8772" E

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Cote d'Azur

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