Emplacement
France
44° 1' 5.808" N, 7° 18' 38.4192" E
L’église est encore communément attribuée aux Templiers, sans qu’aucun élément ne soutienne cette attribution.
Par contre, des documents attestent la présence des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem dès le 12ème siècle : En 1147, l’Evêque Pierre de Nice concède l’église du lieu dit Gast aux Chevaliers de leur ordre. Au cours des siècles suivants, les clercs qui desservent l’église apparaissent comme étant membres de l’ordre des Hospitaliers, et ce probablement jusqu’au 16ème siècle.
Le vocable de Saint-Michel est cité dans un document dès la fin du 14ème siècle.
Au cours du 16ème siècle, l’église est reconstruite pour être agrandie. La date de 1533 figure sur une clé de voûte de la nef. Le prieur de l’époque, Monet Rogeri est encore probablement un membre de l’ordre des Hospitaliers.
L’église est entièrement rénovée dans le goût baroque au cours du 17ème siècle. De somptueux autels sont construits dans le chœur.
EXTERIEUR
Simple édifice sur plan barlong, sans transept. L’ensemble est couvert d’un crépi moderne. Seuls quelques éléments apparaissent, comme deux croix pattées souvent attribuées à tort aux Templiers (les Templiers ne se distinguaient pas par une croix spécifique), et la date de 1666 apparaissant sur une pierre du côté nord, correspondant à la date de réfection du clocher par le prieur Pierre Achiardi de l’Alp. Cette réfection fut sans doute d’autant plus nécessaire que le clocher est probablement le seul élément ayant été conservé lors de la reconstruction au 16ème siècle.
INTERIEUR
L’ensemble présente une étonnante sobriété, encore toute emprunte d’un esprit roman qui perdure à travers les siècles. Le plan est d’une grande simplicité, espace rectangulaire qui se divise en une nef centrale séparée des bas-côtés par des piliers massifs reliés entre eux par des arcs en plein cintre.
L’ensemble est couvert de voûtes soutenues par des ogives et arcs doubleaux reposant sur des colonnes engagées et corbeaux.
Les colonnes présentent d’étonnantes variations dans leur circonférence, elles sont surmontées de chapiteaux aux décors tous différents. On retrouve cette même diversité au niveau de la nef au profil irrégulier.
MOBILIER
Un retable représentant saint Antoine peut-être daté du 15ème ou 16ème siècle.
Plusieurs autels sont édifiés au 17ème siècle.
On remarquera en particulier l’autel du Suffrage, orné d’une toile signée Jean-Baptiste Gastaldi en 1667. Elle représente un religieux trinitaire recevant de la Vierge le scapulaire à la croix rouge et bleue de l’ordre. Le prieur Achiardi qui finança cet autel était originaire de Saint-Étienne-de-Tinée où les Trinitaires avaient une petite communauté, un de ses frères était lui-même membre de cet ordre. La toile présente un intérêt tout particulier, avec une représentation du village à droite de la composition. On y distingue bien le Vieux-Village, la Vésubie, et l’église Saint-Michel bien reconnaissable. Seul le clocher diffère, la représentation semble montrer un niveau de plus que le clocher actuel.

