Dimension H.2, 02 ; L.2, 60
Le financement de cette œuvre a peut-être été conclu par souscription auprès des monégasques.
Aucun contrat ni quittance de retable n’ont été retrouvés, l’œuvre est citée dans un document datant du 4 septembre 1497 attestant le lègue d’un florin de la part d’un certain Charlot Beconi pour la réalisation du retable « Saint Nicolas » de Monaco, (archives du Palais Princier D2*14, fol.376).
L’encadrement de ce retable a été changé et l’inscription située sur la partie inférieure a disparu. Cette inscription est très importante, plusieurs fois citée par messieurs Jolivot, 1882, Saige, 1890, Labande 1912, elle décline l’identité des commanditaires et celle de l’artiste :
« HOC OPUS FUIT FACTUM DIMINANTE MAGNIFICO ET POTENTI DOMINO IOAHANNE DE GRIMALDIS, REGIO ORDINARIO CONSILARIO ET CIAMBERLANO AC MONACI STC. DOMINO EXISTENIBUS VENERABILI DOMINO ANTONIO TESTE, DICTI LOCI RESTORE PSENTIS SCCLESIE, AC PROBIS VIRIS LUDOVICO DANIELE ET MAGISTRO GEORGIO MALAVENA, MANSARIIS ECCLESIE PREDICTE, AD HONOREM ET LAUDEM OMNIPOTENTIS DEI ET GLORIOSISSIMEVIRGINIS MARIAE AC BEATI SPISCOPI ET CONFESSORIS NICHOLAI, ST COMPLETUM FUIT PER LUDIVICUM BREAM, CIVIS NICIENSIS(sic), ANNO SACRI JUBILEI ENERALIS 1500 ET DIE XX AUGUSTI. AMEN ».
Jolivot (1882), propose la traduction suivante : « Cette œuvre a été faite sous le règne de Magnifique et puissant Jean de Grimaldi, conseiller et chambellan du Roi, seigneur de Monaco, etc., du vivant du vénérable Dom Antoine Teste, recteur de la présente église dudit lieu et d’honnêtes hommes Ludovico Danièle et maître Giorio Mallavena, massiers de ladite église, à la louange et en l’honneur de Dieu tout puissant, de la très Glorieuse Vierge Marie et du bienheureux évêque et confesseur Nicolas. Elle a été terminée par Ludovic Bréa, citoyen niçois l’année du Sacré jubilé général 1500 et le 20e jour d’août. Amen ».
Description :
Le retable est composé de dix-huit panneaux, à l’origine il y en avait 22, la prédelle a disparu. L’encadrement sculpté a été partiellement reconstitué. L’encadrement intérieur, d’origine, est conforme aux canons de la tradition médiévale tout en intégrant un vocabulaire décoratif Renaissance en introduisant des motifs tels que têtes de putti, hérons affrontés, et dauphins stylisés comme on les voit dans le retable de Briançonnet.
Le panneau central représente saint Nicolas.
Le Saint est assis sur son trône épiscopal, il est représenté selon l’iconographie traditionnelle en tant qu’évêque de Myre, les trois bourses sur ses genoux, rappellent la dote offerte aux trois jeunes filles pauvres. D’après Saige, le culte de Saint Nicolas a été introduit par les génois lorsqu’ils obtinrent du Pape Innocent IV, le 6 décembre1247 l’autorisation de bâtir une église paroissiale sur le Rocher. Patron des charpentiers de bateaux, de tonneliers et de marchands de vin, Nicolas est aussi invoqué par les marins et les pécheurs qu’il protège des tempêtes.
Sur son nimbe est gravé : « ORA PRO NOBIS BEATE NICOLAE eT DIGNI EFICIAMUR PROMISSIonibus Christi ».
A gauche, saint Michel, transperce d’une main le dragon, de l’autre main, il tient la balance pour peser les âmes. Sur son nimbe est inscrit : « SANCTE MICAEL DEFENDE NOS AB HOSTE ».
Saint Etienne, sa palme de martyr, un livre à la main et le caillou contre la tête rappelant sa lapidation. Sur son nimbe, on peut lire « STEPHANUS PLENUS GRACIA ET FORTITUDINE FACIEBAT prodigia ».
A droite, sainte Marie-Madeleine, une mèche de cheveux entre les doigts, tient un vase à onguent. Sur son nimbe ces mots sont inscrits : « MARIA OPTIMAM PARTEM ELEGIT QUE NON AFERETUR ab ea ».
Saint Laurent, tient le grill, instrument de son supplice, sur son nimbe on peut lire : « LAURENCIUS BONUM OPUS OPERATUS EST QUI PER SIGNUM CRUcis caelos illuminavit ».
Au registre supérieur :
Christ de Pitié entre Marie et Jean entourés des personnages de l’Annonciation :
L’’Ange Gabriel portant le phylactère avec l’inscription « AVE GRATIA PLENA DOMINUS tecum » ; sur on nimbe est inscrit « SPIRITUS SANCTUS SUPERVENIET IN te ».
A droite, Marie, auprès d’un pupitre où repose un livre posé sur un coussin ; sur son nimbe est gravé « ECCE ANCILLA DOMINI FIAT MICHI SECUNDUM VERBUUM tuum ».
A gauche, le Baptiste présente l’agneau nimbé qui repose sur un livre tenant une bannière barrée d’un croix rouge, sur la banderole on peut lire : « ECCE AGNUS DEI qui tolLIT PECCATA MUNDI ».
A droite, sainte Anne, tenant sur un bras l’enfant Jésus qui tend ses bras vers Marie.
Dans les bandes latérales, à gauche et de bas en haut :
Sainte Dévote, Patronne de Monaco.
Sainte Claire d’Assise.
Saint Bernard de Clairvaux.
Sainte Barbe avec sa tour à trois fenêtres (La Trinité).
Sainte Julie Patronne de la Corse.
Sainte Marguerite issant du dragon.
Saint Blaise.
Sainte Brigitte de Suède.
Les saints représentés dans les bandes latérales constituent un véritable « rempart pour la défense des hommes » (Germaine et Pierre Leclerc).
Chaque saint a sa mission, Barbe protège de la foudre et des incendies, Blaise des tempêtes et des ouragans, il est également invoqué pour les maux gorge en tant que thamaturge. Claire réconforte les lavandières. Marguerite est protectrice des femmes en couche.
Emplacement
Avenue Saint Martin
MonacoMonaco
43° 43' 49.1268" N, 7° 25' 24.1968" E

