Luceram (4)

Fresques de Saint Grat

 

Le voyageur était accueilli, arrivant de la côte, par le petit sanctuaire largement ouvert vers l’extérieur.
Ce modeste édifice est la chapelle dédiée à saint Grat, le saint qui par excellence protège les récoltes et détruit la vermine des champs. Nombre de chapelles de la région lui sont dédiées.
 
D’une seule travée voûtée d’une croisée d’ogives, la chapelle révèle les peintures murales du XVe siècle attribuées à Jean Baleison.
 
La voûte présente les quatre Evangélistes, tels des scribes assis en tailleur, l’évangile sur les genoux, chaque tableau est bordé d’une frise de trèfles à rapprocher de celle de Notre Dame des Fontaines, et accompagné de phylactères explicatifs :
Saint Jean « …In principi erat verbu et verbo erat apud deu et… » –Au commencement était la parole et la parole était avec Dieu.
Saint Mathieu : «  Cum natus esset ihs en betelem iude… » (verset de l’Epiphanie).
Saint Luc : « Missus e angelus gabriel a deo in… » (verset relatif à l’Annonciation)
Saint Marc : «  recumbentibus undecim discipulis apparuit » (verset relatif à l’apparition du Christ aux onze disciples avant l’Ascension.
 
Au chevet, dans une représentation de triptyque orné d’un somptueux encadrement de style gothique, trois personnages sont présentés :
 
Au centre une madone est assise sur un trône, le petit enfant qu’elle tient sur les genoux, joue avec la colombe, il porte au cou un collier de corail (détail de nombreux « bambini » du quattrocento, à rapprocher de l’Enfant Jésus figurant avec son collier de corail sur les genoux de la Vierge, dans un retable attribué à Jean Canavesio, à Taggia).
 
A gauche, saint Grat, évêque d’Aoste, porte la tête de saint Jean Baptiste qu’il ramène d’Orient. Il est généralement invoqué contre les parasites et intempéries détruisant les récoltes et son efficacité n’est plus à prouver. Paul Canestrier cite un théologien de Sospel qui déclare que « lorsqu’on porte les reliques de saint Grat, les petits vers et les sauterelles tombent en morceau. L’eau de saint Grat, bénite selon une formule spéciale, met en fuite les taupes ». Il relate également que le pape Benoît XIV mentionne que « saint Grat avait coutume de bénir l’eau pour délivrer la terre des animaux qui portaient préjudice à ses fruits et que, par sa vertu et par ses prières, il délivra à trois milles de distance les campagnes d’Aoste des rats qui en dévastaient les récoltes ».
 
A droite, saint Sébastien est vêtu en damoiseau, tenant une flèche qui rappelle son martyre.
A l’extérieur du cadre du « triptyque » sont représentés saint Denis à gauche et à droite sainte Catherine.

Emplacement

Lucéram
France
43° 53' 19.3452" N, 7° 21' 3.4884" E

Chapelle Notre Dame de Bon Coeur

 

Les fresques décorent les murs et voûtes de cette petite chapelle rurale de 20 m² au profil traditionnel : choeur à chevet plat voûté en berceau brisé, nef à une travée en forme de porche couvert d’une charpente, ouvert sur l’extérieur de sorte que le voyageur puisse s’y abriter. La représentation de scènes de la vie des saints où de l’Evangile y soutient sa prière et l’assurance de la protection divine.
La chapelle est illustrée principalement par des scènes de la vie de la Vierge et de l’enfance du Christ, entourées de représentation de saints.
Le mur du chevet est dominé par un Christ de Pitié, debout dans son tombeau, entouré de la croix et des instruments de la passion. Au registre inférieur, une scène centrale a été effacée pour laisser place à une niche. Elle est entourée des représentations de saint Michel et saint Denis à droite, saint Antoine ermite et un saint évêque à gauche.
La voûte est décorée à droite comme à gauche de scènes de la vie de Marie.
D’autres représentations figurent sur les murs de la nef/porche : à droite une scène qui pourrait représenter la « bonne et la mauvaise prière ». A gauche, un jeune chevalier portant les trois flèches symbolisant les trois fléaux de la guerre, la famine et la maladie et une autre figuration d’un personnage criblé de flèches, entouré d’objets et outils agricoles et domestiques. Ce dernier est souvent présenté comme étant saint Sébastien. On pourrait aussi y voir une représentation d’un « Christ du dimanche », image de la douleur du Christ lorsque le dimanche est dédié à des activités quotidiennes au lieu d’être consacré à la prière.
La découverte de cette chapelle isolée dans l’aridité du paysage méditerranéen est émouvante. Les fresques sont touchantes dans leur naïve simplicité à travers une peinture qui montre une très belle harmonie et finesse. L’artiste pourrait bien être Jean Baleison. 

 

Emplacement

Luceram
France
43° 53' 17.0088" N, 7° 21' 15.8508" E

Retable de Sainte Marguerite

 

Retable à panneaux sur deux registres.La prédelle et les bandes latérales sont au Musée des Beaux-Arts à Nice.
 
Au centre du polyptyque se trouve Ste Marguerite, très populaire dans la région en raison de la protection particulière qu’elle accordait aux femme enceintes. Elle même sortit du ventre du dragon qui l'avait dévorée dans la prison où l'avait fait jeter le gouverneur romain Olibrius. La jeune Marguerite, fille d'un prêtre païen avait eu le malheur de lui plaire, mais sa conversion au christianisme lui fit faire voeu de chasteté et repousser ses avances. Le dragon n'ayant pas réussi à tuer la sainte, Olibrius lui fit subir nombre d'atroces supplices dont lui-même ne supportait pas la vue. Elle sera finalement décapitée
 
Louis Bréa représente la sainte la tête légèrement inclinée, dans une attitude qui marque son style. Elle est entourée de sainte Marie Madeleine et Lazare à sa droite, et St Pierre de Vérone et Claude évêque à sa gauche.
Le retable est formulé selon des modèles courants, les figures sont exécutés delon la manière habituelle.

Sur la prédelle figurent des scènes de la vie de Ste Marguerite, représentées avec grand soin dans des coloris particulièrement riches. Les saints des panneaux latéraux, vénérés dans la régions, font penser que le retable était une œuvre de dévotion populaire, peut-être pour protéger de la peste de 1498

Emplacement

Luceram
France
43° 52' 59.9016" N, 7° 21' 41.6124" E

Saint Pierre et Saint Paul

 

Le grand panneau présente les saints dans le même compartiment. De grandes baies s’ouvrent sur un paysage particulièrement soigné où l’on distingue un château qui pourrait être celui de Nice. En raison de ses dimensions importantes, ce tableau a pu être le compartiment central d’un retable. La présence de deux saint dans un même compartiment est assez originale dans l’œuvre de Bréa. On la retrouve à Lieuche, selon un procédé hérité des peintres lombards que Bréa a rencontré, tels Foppa et Braccesco.
Les dimensions du compartiment inférieur, l’importance accordée au paysage ainsi qu’à l’architecture au décor Renaissance (loggia et plafond à caissons) laissent supposer une exécution tardive dans la carrière de Louis Bréa.
 

 

Emplacement

Luceram
France
43° 52' 59.916" N, 7° 21' 41.562" E

 ALCOTRA

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Cote d'Azur

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