Clans (3)

Collégiale Sainte Marie

Emplacement

Clans
France
43° 59' 44.2752" N, 7° 8' 54.1572" E

 

L’église remonte au 11ème siècle, époque où elle est donnée à l’évêque de Nice, en 1066. Elle devient Collégiale au 12ème siècle, et l’on remarquera qu’elle est la seule collégiale du Comté de Nice, ce qui témoigne de son importance. Le nombre de clercs qui la desservaient prouve une activité religieuse intense. Selon une statistique de 1728, quatre chanoines exercent à Clans cette année là, avec vingt neuf prêtres dont neuf pour le village, seize envoyés en service dans le Piémont, un à Aspremont, deux à Falicon et un à Thiery. Les prêtres eurent en charge une école presbytérale et l’école communale, ainsi que l’orphelinat.
L’église perdit son statut de Collégiale après la Révolution. Les clansois réussirent à dissimuler une partie de ses biens, cloches, vases sacrés, ostensoirs, encensoirs, ornements. Après la restauration, l’archiprêtre Cagnoli légua toute sa fortune pour assurer le rétablissement de la Collégiale, qui eut lieu en 1830. Une inscription au-dessus de la Porte du Barri commémore cet acte généreux.   La suppression définitive fût cependant prononcée en 1855 .
 
L’église garde des éléments de sa première construction romane au 11ème siècle, son clocher et un chevet en demi-cercle construit en petits moellons et décoré de festons et lésènes appartenant au style du premier art roman.
Une première reconstruction a lieu en 1572, selon la date qui figure au portail d’entrée. De cette date subsistent les colonnes qui soutiennent le porche.
Une nouvelle construction baroque est édifiée dans les années 1680. Les vantaux de porte datent de 1702. Une sacristie fut adjointe à l’édifice en 1774.
 
A l’intérieur, un riche autel baroque est reconstruit en 1781. Les orgues du célèbre atelier Grinda sont inaugurées en 1792. Elles furent restaurées en 1982.
 
Un triptyque recomposé présente deux panneaux du 16ème siècle dans des boiseries renaissance. Saint Pancrace et un saint évêque qui peut être saint Martin encadrent une niche avec une statue de la Vierge du 17ème siècle.
 
Une Vierge du Rosaire est peinte par Jean Rocca au 17ème siècle et insérée dans un monumental retable à colonnes torses au 18ème siècle. 
 
 
Une particularité de l’église est la présence de fresques dans l’abside transformée en annexe derrière le chœur. Elles pourraient dater du 13ème ou 14ème siècle. L’une d’elle représente une étonnante scène de chasse : un cerf est traqué par un chevalier en habits de cour et ses chiens, illustrant l’image de l’âme assaillie par le mal.
Dans la chapelle saint Pierre voisine, les peintures illustrent l’apostolat de saint Pierre, un Christ en Gloire entouré du Tétramorphe, et une Annonciation. 
 

Cycle de Saint Antoine, Crucifixion

 

 
Cette chapelle d’apparence modeste située au carrefour d’anciens sentiers muletiers, protège des peintures murales datant du 15ème   siècle relatant la vie de saint Antoine.
L’auteur anonyme, probablement originaire de Lombardie, avait décrit en 36 panneaux la vie du saint ermite rejoignant le désert où il mourut âgé de 105 ans.
Chacune des scènes ponctue une étape décisive ou un événement significatif de sa longue vie.
 
Saint Antoine est né en Haute Egypte près d’Héraclès, en 250. Sa vie est révélée par Athanase d’une part et d’autre part dans la vie de saint Paul par saint Jérôme.
Le saint est habituellement représenté en moine avec une belle barbe blanche. Il est en compagnie d’un petit cochon et tient dans sa main le bâton en forme de T (tau grec) rappelant la croix sans sommet qui lui sert de crosse abbatiale.
 
Ermite du désert du Sinaï, où il s’était retiré aux cotés de St. Paul de Thèbes, il était invoqué comme protecteur de la gangrène, du « feu de St. Antoine » et du zona, mais il fut aussi l’un des premiers protecteurs contre le mauvais sort, et toutes sortes d’autres épidémies, la peste en particulier. Son rôle est important dans les campagnes où il protège les bestiaux des maladies ainsi que de la foudre et du feu. Ainsi, ses représentations sont nombreuses dans le Comté de Nice et plusieurs chapelles lui sont attribuées.
 
La protection de saint Antoine s’exerce à travers les grandes abbayes de l’ordre des Antonins, dont les religieux protègent et soignent les populations du « mal des ardents ».
Le saint est souvent représenté accompagné d’un petit cochon qui n’est introduit dans l’iconographie qu’à partir du 15ème siècle. La signification de cet animal a donné lieu à toutes sortes d’explications souvent fantaisistes qui montrent bien la faculté populaire de créer des légendes : «  les moines qui quêtaient leur nourriture recevaient souvent du cochon » ou bien « St Antoine aurait vécu avec ce compagnon dans le désert, peut-être après avoir domestiqué un sanglier sauvage »…
Emile Mâle a cherché l’origine de cette représentation : l’ordre des Antonins, créé en Dauphiné en 1095 était protégé par le roi. Les ordonnances de police qui défendaient habituellement l’errance des porcs dans les rues, firent une exception pour ceux appartenant aux moines. On pouvait les identifier avec une clochette attachée au cou. L’image s’est diffusée et transmise à travers les siècles, mais son sens se perdit. On retrouve pourtant une résurgence de cette tradition à Nice au 16ème siècle, où, selon les statuts de la ville confirmés en 1577, le vagabondage des cochons est interdit dans les rues « a l’exception du cochon de Monseigneur Saint-Antoine » qui devait appartenir au prieur de la chapelle du saint.
 
L’autre attribut souvent représenté est la béquille en forme de tau, le T représenté sur le manteau des frères, rappelant qu’ils consacraient leur vie aux infirmes.
 
 
 
A l’intérieur de la chapelle sont encore visibles trente scènes.
La lecture se fait en partant du mur du fond. Chaque scène est présentée dans un encadrement orné de motifs en «  godrons » et accompagnée d’un phylactère explicatif.
 
Le Mur du fond expose une Crucifixion étonnante où l’on perçoit déjà un sens de la perspective :
Le Christ en croix apparaît sur un fond de paysage de verdure et de dégradé du bleu du ciel, entre Marie et Saint Jean. Marie-madeleine est agenouillée aux pieds du christ.
Dans la partie centrale inférieure, saint Antoine est représenté sous un dais, entouré à gauche par Sainte Catherine d’Alexandrie et un évêque, à droite par un prêtre et sainte Brigitte.
 
Notre lecture se poursuit sur le mur de droite : au registre supérieur, de gauche à droite :
- La vocation de Saint Antoine : Antoine riche jeune homme, agenouillé, est béni devant une chapelle. Au lointain un arbre aux fleurs blanches et une montagne blanche se détachent sur un fond bleu nuit. Cette blancheur ne symboliserait t’elle pas la foi et la pureté du jeune noble ?
- Distributions des biens : toujours représenté en riche jeune homme, Antoine donne de l’argent et du pain aux pauvres et aux malades.
- Première tentation : à présent, Saint Antoine est vêtu en ermite, son bâton en forme de tau à la main. Il est tenté par le démon : à ses pieds, un plat rempli de pièces d’or.
- Exorcisme des idoles : en passant à proximité de la colonne où est placée l’idole, le saint fait un signe d’exorcisme.
- Deuxième tentation, la luxure : le diable se déguise en femme pour le tenter, mais relève sa robe et révèle ses pattes griffues.
- Rencontre avec le faune : A 90 ans il vit en songe Dieu qui lui donna l’ordre de rejoindre saint Paul, l’ermite centenaire.
- Saint Antoine et Saint Paul : ils joignent les mains, un corbeau leur apporte un morceau de pain, le corbeau nourrissait saint Paul tous les jours, le saint ne prenait pas d’autre nourriture.
- Prédication de saint Antoine : le saint enseigne à des hommes et des femmes.
- Mort de Saint Paul : deux lions creusent la tombe, alors que saint Antoine bénit saint Paul.
- Miracle des œufs : saint Antoine tient une louche dans laquelle se trouvent trois petits œufs
au-dessus d’une marmite, cinq moines regardent la scène avec attention.
 
Mur de droite, registre moyen :
- Saint Antoine soigne ses frères : le saint présente un gobelet à l’un des deux frères couchés dans un lit en plein air.
- Construction du monastère et mise en place de l’ordre : saint Antoine prie, agenouillé, le maçon prépare son mortier et la caravane arrive.
 -Apparition de l’Ange : que vient-il lui annoncer ?
- Saint Antoine et les moines : un vieillard consulte l’un des abbé sur la nature humaine.
 
Mur de gauche, registre moyen :
La lecture est rendue difficile à cause de l’effacement des images :
- Un moine en prières sur la tombe de saint Antoine ?
- Le transport du corps de saint Antoine en Asie Mineure.
- Cortège funèbre.
- Office funèbre.
 
 
Mur de droite, registre inférieur :
- Mise au tombeau.
- Visite des pauvres au tombeau de saint Antoine.
Les miracles :
- Apparition de saint Antoine et guérison d’un couple.
- Apparition de saint Antoine et résurrection d’un homme (pour qu’il dénonce son assassin).
- Apparition de saint Antoine pour arrêter un incendie.
 
Mur de gauche, registre inférieur :
- Dépeçage d’un cochon, la graisse de l’animal était l’unique remède pour soulager du feu de Saint Antoine (ou mal des ardents) : ergotisme gangreneux dû à la présence d’ergot de seigle dans la farine utilisé pour faire du pain.
- Application de graisse de porc sur le bras d’un malade.
 
L’évocation de la vie de saint Antoine était certainement un bel encouragement devant proposer le choix d’une vie exemplaire. Saint Antoine a résisté à la tentation, les fidèles devaient s’écarter du mal pour mener une vie vertueuse. On retrouve ici le thème des « vices et des vertus » qui habillait souvent les parois des chapelles afin que nul n’ignore le danger de la tentation.
 
Les vices :
- L’orgueil : Superbia, roi couronné monté sur un lion
- L’avarice : Avartia, un marchand avec une bourse dans chaque main
- La luxure : Luxuria, une femme sur un bouc.
- La colère : Ira, un jeune homme qui se poignarde.
- La gourmandise : Gula.
- L’envie : Invidia.
- La paresse : Pigritia, se prélasse sur un âne.

Tous les vices sont reliés par une corde les uns aux autres et sont happés dans la gueule du léviathan.

 

Emplacement

Chemin de Saint-Antoine
Clans
France
43° 59' 30.8544" N, 7° 8' 40.0596" E

Pélerinage de la Sainte Anne

Une vingtaine de véhicules emprunte une piste forestière qui, depuis le village, conduit à la chapelle en une demi-heure. Une partie des pèlerins utilise un sentier pédestre et effectue un dénivelé de 600 mètres environ, en deux à trois heures de marche. Les premiers pèlerins atteignent la chapelle vers 7h30 du matin et les arrivées progressives s’échelonnent jusqu’au moment de la messe à 11h.
 Avant la messe, les fidèles déposent dans les bras de la statue ou sur son socle des fleurs qu’ils ont cueillies au bord du sentier. Ils allument également des veilleuses sur des brûloirs qui seront entièrement remplis avant le début de la messe. La messe débute à 11heures.  Au début, pendant la communion et à la fin, elle est ponctuée par des cantiques à sainte Anne. Après le repas de midi, vers 14h30, une vingtaine de fidèles assiste à la récitation du Rosaire pendant une heure, alors que d’autres ont déjà regagné le village. A 15H30, la procession débute.

Emplacement

Clans
France
44° 1' 11.3628" N, 7° 12' 19.44" E

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