CAbris (3)

Cabris

Emplacement

France
43° 39' 26.784" N, 6° 52' 26.4288" E

 

Cabris partage le même balcon que la ville de Grasse qu'il jouxte. Sa situation panoramique, en apparence privilégiée, en a fait une victime des guerres, au point que les traces du passé sont difficilement lisibles. On peut rêver du vieux château médiéval très endommagé au moment de la succession de la reine Jeanne, puis définitivement rasé après avoir été incendié au moment de la Révolution. Cet acharnement contre ses vieilles pierres ne serait-il pas justifié par les pulsions meurtrières de sa dernière chatelaine ?
Alors on s'accoudera sur le parapet pour repérer Mougins, le golfe de La Napoule, les îles de Lérins, le lac de Saint-Cassien, ou pour voir le mont Agel et par temps clair peut-être la Corse ou le Faron. On en profitera aussi pour rassembler ses souvenirs de lecture afin d'évoquer d'illustres visiteurs comme Saint-Exupery qui choisit de s'y installer, comme Camus ou Gide, Colette, Valéry, ou Roger Martin du Gard. La fondation Andrée Vienot continue, à « la Musseguière », depuis 1947, à ouvrir ses portes aux écrivains et plus généralement aux artistes.

Qui veut remonter dans des temps pré-historiques, peut aller visiter le parc et la grotte des Audides. Dans le village il est tout simplement agréable de se promener à la découverte de petites places ombragées. Quelques chapelles et églises à visiter, construites entre le XIVème et le XVIème, dont Ste Marguerite, aujourd'hui consacrée à l'art, et l'église baroque Notre Dame de l'Assomption qui contient une très belle chaire en bois polychrome et une toile de Murillo, don de l'impératrice Eugénie.

 

                                                                       

Retable de Sainte Marguerite

 

L’œuvre en forme de triptyque est composée de six panneaux peints historiés, encastrés dans une structure en bois sculptée et moulurée.
 
Le panneau central représente sainte Marguerite, triomphante du dragon qui a tenté de la dévorer. Elle est la sainte triomphante des forces du mal et son culte fut extrêmement populaire. Sa sortie miraculeuse du ventre ou de la bouche du monstre font d’elle la protectrice des femmes enceintes.
 
A sa gauche, saint Louis, évêque de Toulouse, est représenté couronné et vêtu dans une chape bleue à fleurs de lys. Il est le prélat protecteur des humbles, son culte se répandit très largement en France et en Italie après sa mort en 1297, survenue suite à son voyage à Rome pour assister à la canonisation de saint Louis, son grand-oncle, le roi Louis IX. La dévotion fut développée par les franciscains, saint Louis ayant fait partie de leur ordre avant son épiscopat.
 
A droite, saint Roch présente ses plaies de pestiféré. Ce saint du 14ème siècle s’imposa vite auprès de saint Sébastien pour protéger contre la peste. Les cultes populaires n’hésitent pas à s’enrichir de saints nouveaux qui ont démontré leur efficacité. En 1414, les évêques réunis en concile général à Constance avaient fait une procession solennelle en l’honneur du saint pour faire cesser la peste, et le fléau de la maladie s’interrompit. L’image de saint Roch devint très populaire.
 
Au-dessus de lui figure saint Laurent, lui aussi guérisseur. « Il soigne les boutons du visage, appelés « feu de saint Laurent ». On dit que les étoiles filantes qui sillonnent le ciel , la nuit précédant sa fête (10 août) sont les étincelles du feu sur lequel il fut grillé et que les souhaits formulés pendant leur course rapide se réaliseront » (P. Canestrier).
 
 
A gauche du registre supérieur, on reconnaît saint Jean-Baptiste portant la croix et l’agneau du sacrifice.
Ses multiples pouvoirs protecteurs font de lui le saint le plus représenté avec saint Sébastien. Il protège tout d’abord la santé des enfants, ce qui rend peut-être sa présence significative auprès de Marguerite, protectrice des accouchements. En outre, il a un rôle purificateur qui passe très symboliquement par le feu et par l’eau, ce qui lui donne un haut pouvoir de protection contre les maladies.
Il est à noter l’existence dans le village d’une église placée sous son vocable, construite au 16ème siècle.  
 

Emplacement

Quartier Sainte Marguerite
Cabris
France
43° 39' 22.3128" N, 6° 52' 26.4288" E

Chapelle Sainte Marguerite

Emplacement

Quartier Sainte Marguerite
Cabris
France
43° 39' 25.1352" N, 6° 52' 38.4816" E

La chapelle était la première église paroissiale du village lors de son repeuplement, au début du 16ème siècle. Elle reçoit à l'époque la dépouille du seigneur Balthazard de Grasse. Devenue trop petite, elle est abandonnée en 1616.

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