Breil-Sur-Roya (4)

Retable de Saint Pierre

 

Triptyque sans prédelle.
 
Ce retable se trouve dans une chapelle fondée par l’abbé Jérôme Robiolis, curé de Breil-sur-Roya, dont la famille conserva le jus patronat jusqu’au 19ème siècle. Aussi l’on ne s’étonnera pas d’y voir figurer saint Jérôme, Docteur de l’Eglise, et saint Pierre en pape. Le troisième personnage est saint Paul, à destre de Pierre qui figure en position centrale.
Pierre siège sur un trône et porte la tiare. Sa main droite fait un geste de bénédiction.
Jérôme est représenté en ermite du désert faisant pénitence. La figure de ce saint n’est pas la plus répandue dans les dévotions populaires, sa présence ici témoigne du statut du donateur.
Saint Paul apôtre est représenté barbu et chauve, avec l’épée et le livre, selon une iconographie traditionnelle.
Au niveau supérieur central figure une Transfiguration. Le Christ vêtu de blanc apparaît entre deux rochers qui cadrent la scène. Sur les côtés, saint Barthélemy à droite et sainte Catherine d’Alexandrie à gauche. Son culte est extrêmement populaire en Europe au Moyen Age et tout autant dans notre région, elle protège les jeunes filles, mais aussi les charrons et les clercs, ce qui peut justifier sa présence dans cette chapelle offerte par l’un d’entre eux. Paul Canestrier dénombre onze apparitions de la sainte dans les œuvres des primitifs niçois, alors que Barthélemy n’est cité qu’une seule fois.
 
Le fronton montrant le Saint-Suaire déroulé par saint Charles Borromée et saint François-de-Sales a été ajouté au 17ème siècle.

Emplacement

Breil-sur-Roya
France
43° 56' 17.8656" N, 7° 30' 54.7416" E

Chapelle Notre Dame des Grâces

Emplacement

Breil-sur-Roya
France
43° 56' 8.6028" N, 7° 30' 56.016" E

 

Appelée aussi N.D des Neiges, cette chapelle est construite immédiatement après la grande épidémie de peste de 1631 qui avait décimé la population. Les Breillois s'étaient rendus en pèlerinage implorer la Vierge du Sanctuaire de Vicoforte de Mondovi pour qu'elle fasse cesser le fléau. Leur voeu ayant été exaucé, ils ont entrepris l'édification de la chapelle sur les bords de la route du sel, chemin par laquelle l'épidémie était arrivée. Une messe y était célébrée chaque année le 5 Août. Actuellement, vu l'état de délabrement de l'édifice, la cérémonie se déroule à l'extérieur.
Le culte de Notre Dame des Neiges s’est établi sur une tradition romaine qui remonte au 4ème siècle, sous le pontificat de Libère (352 – 365). La Vierge lui apparut en songe, ainsi qu’au patricien Jean et à sa femme, leur demandant d’élever une église à l’endroit qui serait couvert de neige le lendemain. Ceci paraissait totalement impossible car l’histoire se déroule au mois d’août. Et le miracle survint, le 5 août au matin, une nappe de neige couvrit le mont Esquilin sur lequel on battit une église, qui est aujourd’hui la basilique Sainte-Marie-Majeure.
Le culte à Notre-Dame-des-Neiges se répandit, on le retrouve fréquemment dans les Alpes-Maritimes, comme à Roquebrune, Sainte Agnès Guillaume ou Roure.
 

Notre Dame du Mont

Emplacement

Route de la Madone
Breil-sur-Roya
France
43° 56' 46.8996" N, 7° 30' 45.3204" E

 

L’église construite dès le 11ème siècle fut autrefois l’église paroissiale, située aux abords de la grande route reliant Nice aux états de Savoie. Elle était construite hors de l’habitat fortifié. On l’appellait Madone du Mont des Oliviers, ou Madone del cucurrone. On la trouve aussi sous le nom della vitte ou del cocolone. Elle fut profondément remaniée au cours des siècles. La construction romane se poursuit au 13ème siècle, et l’édifice est surélevé au 16ème. Un nouveau clocher est construit peu avant 1643.
Le sanctuaire subit d’importantes dégradations au passage des troupes révolutionnaires en 1793, il sera restauré au 19ème siècle.
 
L’édifice conserve des éléments caractéristiques du premier art roman, particulièrement visibles au niveau de l’abside construite en petits moellons et ornée de festons. L’absidiole sud date de la même époque, mais elle est cachée à la vue par un mur de soutènement du clocher édifié au 17ème siècle.
L’absidiole nord présente des moellons plus réguliers, les retombées des festons y sont plus soignées, ce qui dénote une deuxième période de construction romane, au 12ème ou 13ème siècle.
L’ensemble fut rehaussé et renforcé aux 16ème et 17ème siècle, ce qui a beaucoup modifié l’aspect général de l’édifice. Mais le chevet marqué dans sa construction par le passage du temps exprime une belle noblesse.
 
On accède à l’intérieur par un porche sans âge ouvert sur le mur nord. Sa simple structure en arc cintré à trois rouleaux sans tympan ne donne aucune indication de datation. L’espace est divisé en trois vaisseaux, séparés par d’amples arcades très légèrement brisées reposant sur de frustres piles cylindriques montées en tambours superposés. Les lourdes corbeilles des chapiteaux, très comparables à ceux de la Madone del Poggio de Saorge, présentent une grande simplicité. Celle-ci ne signifie pas forcément que la datation est ancienne. Elle pourrait remonter au 13ème siècle si l’on prend en compte le phénomène de survivance des styles très fréquent dans notre région alpine.
Les voûtes en cintre surbaissé reposant sur une corniche datent du 16ème ou 17ème siècle. Elles sont construites en plâtre, selon les procédés de l’époque communs au nord de l’Italie, et remplacent probablement une simple charpente. Seules l’abside et les absidioles ont conservé leur voûtes primitives en cul-de-four.
On a connaissance de fresques peintes au 16ème siècle par Agostino Reibaudi, originaire de Triora. Mais celles-ci ont disparu au cours d’une restauration dans les années soixante.
 
NOTES SUR LE PREMIER ART ROMAN
 
Au cours du 11ème siècle, un modèle de construction prend forme en Lombardie et se diffuse à travers l’Europe, jusqu’au nord de l’Espagne, par voie terrestre ou maritime.
Le modèle des églises qui apparaissent alors est presque reproduit à l’identique dans différentes régions. L’édifice est en général de petites dimensions, construits en petit appareil irrégulier, formant des volumes simples et massifs décorés de festons, « lésènes », et dents d’engrenages sur les parties hautes. Le plan est simple, à nef unique sans transept s’ouvrant sur un chœur voûté en cul-de-four, pouvant se développer en trois absides selon la tradition lombarde.
Une ample crypte voûtée en arêtes se développe sous le chœur, offrant un vaste espace à la dévotion des fidèles. La couverture de l’édifice peut être de charpente, mais on voit dès le 11ème siècle des couvertures d’origine en voûtes avec ou sans doubleaux.
 Les supports prennent la forme de piles trapues le plus souvent sphériques, maçonnées en petits moellons. Les chapiteaux, également maçonnés, ont la forme simple d’un cône renversé. L’articulation des supports n’apparaît qu’à la fin de la période et annoncent l’épanouissement du style roman.
 
Les clochers sont construits hors œuvre, légers et élégants, ouverts de baies géminées dans la partie haute et couverts par une toiture à quatre pans.
 
Nombre d’édifice de notre région se rangent dans cette catégorie : Saint-Dalmas de Valdeblore, la Madonne del Poggio à Saorge, la Madone Notre-Dame-du-Mont et le clocher saint Jean à Breil-sur-Roya, pour ne citer que les plus marquants.
 

A Stacada

La représentation de cette tradition débute tôt le matin. Dès 6 heures 30, les fifres et les tambours, que dirige le Tambour major, parcourent les rues de Breil pour en réveiller les habitants. C'est l'appel à la révolte. Ces musiciens vont chercher l'Espailleur qui prend la tête des révoltés. Ensemble ils se rendent chez la Cantinière où ils se restaurent avant de rejoindre le peuple en effervescence. La cité gronde en effet après les événements de la veille, au cours desquels le Bayle a prétendu exercer le droit de cuissage sur une jeune fiancée.
 
Le mouvement insurrectionnel se développe et des groupes de gens armés de piques, de fourches et de faux se dirigent vers la place de l'église où la milice locale, alertée par le Bayle, les surveille. Inquiétés par le tumulte, le Bayle et quelques notables complices ont rapidement franchi le Pont Supérieur afin de prendre leurs distances avec les contestataires. En attendant de voir la tournure que prendront les événements, ils ripaillent dans une maison de la "Coupéra " (Quartier des Tuileries).
La situation semble en effet bloquée quand, heureuse coïncidence, retentit la trompette du Postillon venu en avant garde annoncer l'arrivée (La Batistrada) du Seigneur et de son escorte.
 
Parvenu place de l'église, le Seigneur , qu'accompagnent le Couret et les Cavaliers Turcs, s'enquiert auprès du Capitaine de la Milice des causes des attroupements et de l'agitation qui règne dans le pays. Informé des prétentions du Bayle, il ordonne aux miliciens et à ses Cavaliers Turcs d'aller se saisir manu militari de son représentant local et de ses complices.
 
Miliciens et Turcs s'élancent aussitôt tandis que, sous la conduite du Seigneur, un cortège rassemblant Seigneur et révoltés se forme et se dirige vers la Coupéra. Le Couret, qui a donné son cheval à la Mariée qui devait être victime du lubrique Bayle, se place devant l'immense drapeau de la révolte confectionné à la hâte par les épouses des contestataires. Il y dansera et sautera tout le long du jour au rythme des airs spécifiques à la STACADA, joués par les fifres et les tambours. C'est cette danse continue qui a valu à ce personnage le nom de Couret.
 
Le Bayle et ses acolytes, surpris en plein repas par l'arrivée des Miliciens et des Turcs, sautent par les fenêtres et prennent la fuite. Rattrapés, ils affrontent leurs poursuivants armes à la main. Le Couret, qui n'a pour arme que son bâton de pouvoir, s'oppose au Bayle armé d'un sabre et le vainc. C'est le symbole de la victoire du bien sur le mal.
 
Vaincus et capturés par les miliciens et les troupes du Seigneur, Bayle et notables sont conduits sur l'actuelle place Louis Armand où, au roulement des tambours, l'Espailleur exécute la marche du sabre avant qu'ait lieu le premier jugement. Les Juges déchoient le Bayle et les notables de leurs titres et les condamnent à être ramenés au village juchés sur des ânes.
Mais alors que le cortège se reforme, les condamnés, mal gardés, sautent de leurs montures et s'enfuient à toutes jambes...
 
Après une succession d'incidents et d'affrontements, les fuyards sont rattrapés à la porte de Gênes où ont lieu les derniers duels. Encadrés et attachés avec des chaînes, d'où le nom de "Stacada", le Bayle et ses acolytes sont conduits devant le Seigneur, le Couret, l'Espailleur et Les Juges qui se trouvent maintenant " Chassa Rouicha " ( Place Rouge).
Cette fois les jugements sont très sévères, les notables sont condamnés à de lourdes peines d'emprisonnement tandis que le Bayle doit être décapité. Ce dernier, la tête déjà posée sur le billot, supplie et implore le Seigneur lequel s'adresse alors à la foule et lui demande s'il doit faire grâce. Pas rancunier, le peuple de Breil acquiesce et le Seigneur accorde le pardon. Les Juges transforment alors les peines en condamnations humiliantes et dégradantes sous les huées et les applaudissements de la foule.
C'est à ce moment que le Postillon alerte le Seigneur en lui signalant que des Barricades sont dressées dans les rues par des partisans des condamnés. Ce dernier harangue la Milice, sa garde Turque et le peuple qui l'accompagne et ordonne aux Bucherons-Charpentiers d'aller détruire ces obstacles afin de permettre le passage du cortège et celui du drapeau des révoltés Breillois, bannière qui, symboliquement, ne doit jamais s'abaisser.
 
Après le démantèlement de la dernière barricade, tous les acteurs se retrouvent autour d’un pantagruélique repas suivi, l’après midi, des festivités de réconciliation. Les épouses des Notables dansent alors avec les gens du peuple pendant que le Couret mène le bal et sépare les couples en effleurant leurs mains de son bâton de pouvoir. De plus, l’enthousiasme de la fête se prolonge dans d’autres musiques et danses folkloriques du groupe ‘’ Ar Tanturoulet ‘’ et se clôture par la danse de la population sous l’animation d’un orchestre champêtre  

Emplacement

Village de Breil sur RoyaBreil sur Roya
France
43° 56' 18.2004" N, 7° 30' 55.8252" E

 ALCOTRA

Interreg IIIa 2001-2006
ALpi Latine COoperazione TRAnsfrontaliera Italia-Francia (Alpi)

 

Regione Liguria

 

Cote d'Azur

 Alpes Maritimes

 

© Copyright Riti Culture e Feste Project - This is an ALCOTRA Interreg IIIa project - n. 215 - 2001-2006 EU