Emplacement
France
43° 49' 33.0888" N, 7° 7' 16.3236" E
Bouyon... c'est d'abord son nom qui intrigue. Il semble indiscutable qu'il trouve la même origine que Biot, dans la racine celtique « bud » qui désigne le promontoire. De vieux registres de 1155 le désignent sous le vocable de Buzido.
Que reste-t-il du village médiéval, presque intégralement détruit par le séisme Ligure de 1887 ? Pourtant il fut marqué par une histoire mouvementée qui le fait passer dans la seconde moitié du XIVème siècle, de la Seigneurie de Raymond Laugier, aux Grimaldi dits de Bouyon. Charles de Duras, leur ennemi, l'assassin de la reine Jeanne, l'arrache au comté de Provence pour l'annexer à Naples en 1385. C'est l'année même où il se fait proclamer roi de Hongrie et où la reine Marie le fait enfermer dans un cachot avant de le faire empoisonner. En 1388 Bouyon rejoint la Savoie. Retour en Provence en 1760 seulement, 30 ans avant son rattachement au canton de Coursegoules (Var), et tout juste cent ans avant de rejoindre le Comté de Nice et la France en même temps.
Les Bouyonnais tenaient tellement aux reliques de St Trophime, évêque d'Arles, cachées dans un buste daté de 1683, qu'ils ont refusé la proposition que leur a faite sa ville d'origine de payer leurs impôts pendant 10 ans, en ajout d'une somme importante, pour rapatrier les restes du saint. Le tremblement de terre a épargné la statue que l'on peut contempler dans l'église St Trophime et Notre Dame de l'Assomption, rapidement reconstruite. On y trouve aussi le « retable de la Vierge » (v. 1450), attribué avec réserves à Durandi.
En 1714, on a construit la chapelle St Roch, du nom du saint représenté sur un de ses tableaux, intercédant auprès de Dieu au moment où il envoie la peste sur terre, afin qu'il épargne l'humanité.
Un rite étrange qui remonte à la nuit des temps et que les confréries ont confondu avec la Fête Dieu sans doute dès le Moyen Age, persiste en quelques villages seulement du pays niçois (Sigale, Roquebrune, Gorbio et quelques autres) : la « procession aux limaces » (de limaça, en réalité escargot, symbole de régénérescence). On y fait brûler de l'huile dans des coquilles d'escargots pour illuminer tout le village qui célèbre l'abondance des récoltes.


