Biot (5)

Christ de Douleur

 

Cette œuvre est mentionnée en 1604 comme retable du maître autel.
 
Le retable est composé d’un large tableau unique représentant le Christ entouré des instruments de la Passion, surmonté de trois compartiments figurant la Flagellation, les Outrages et au centre la Résurrection. Il n’y a pas de prédelle.
 
Le panneau central représente un Christ dans une architecture à la perspective marquée par le sol en damier et le plafond en poutres de bois. Les murs sont en brique aux dessins finement marqués. Le Christ tient le sceptre de roseau dans la main droite, et soutien la croix sur son épaule gauche. Deux anges soulèvent son manteau de riche brocart pour dévoiler son corps souffrant. Tout autour de lui sont disséminés les instruments de la passion, représentés dans le moindre détail.
 
La peinture est d’une très grande finesse et révèle un véritable maître.

Emplacement

Biot
France
43° 37' 35.9868" N, 7° 6' 0.1548" E

Eglise Sainte Marie-Madeleine

Emplacement

Biot
France
43° 37' 36.0156" N, 7° 6' 0.1548" E

 

L'église s'ouvre sur une place bordée d'arcades. Les piliers de la nef pourraient appartenir à l'édifice roman du 12ème siècle.
 
Comme pour la plupart des édifices très anciens, la forme actuelle de l'église de Biot et son aménagement sont le résultat de destructions partielles, plus ou moins importantes, et de travaux de reconstruction, d'agrandissement ou de remaniement, au gré des circonstances, des époques et de l'évolution des styles artistiques.
L'église est bâtie  avant 1155, probablement sur un site antique, avec des matériaux provenant en partie, comme souvent, des ruines romaines. Au début du 13e siècle, elle était vouée à sainte Marie, puis à sainte Marie-Madeleine avant 1344. Elle a été partiellement détruite en 1387, puis reconstruite à partir de 1470. Les murailles et les piliers primitifs furent réutilisés. Les travaux ne furent achevés qu'au début du 16e siècle. La porte latérale date de cette époque (1506). Une partie des travaux est attribuée à l’architecte Thadée Nègre.
 L’ensemble fut complété par deux chapelles latérales, en 1638 et 1655.
Le plan du 15ème siècle reprend celui de l’église antérieure, avec une nef centrale terminée par une abside, et deux bas-côtés, terminés par deux absidioles semi-circulaires. Ce plan très classique se caractérise, comme dans toute la région, par l’absence de transepts, suivant l’influence de l’Italie du Nord.
 
Le mobilier de l’église est particulièrement riche, avec notamment deux retables, peints sur bois, datant du début du 16e siècle qui ont figuré successivement sur le maître autel de l'église. Celui de gauche, présente le Christ de la Passion (représenté après sa résurrection : le tombeau est vide !) et a été attribué tantôt à l'école de Louis Brea, tantôt à un Canavesio. Celui de droite représente la Vierge du Rosaire, et est attribué de manière certaine à Louis Bréa.
Autre pièce importante, un bras reliquaire de saint Julien du 16ème siècle en argent. Il est en forme de bras pour recueillir un os de bras du saint patron du village. La relique est visible à travers une petite ouverture ovale protégée par une grille finement travaillée ornée du symbole du Christ IHS. La bague tenue entre le pouce et l’index portait à l’origine une pierre de cornaline, réputée posséder de nombreux pouvoirs.

 

Pélerinage à Notre Dame de la Garoupe

Les participants se rendent à pied depuis le village à Notre Dame de la Garoupe, où se déroule la messe suivie d'un pique-nique. La procession, menée par un mulet suivi des musiciens du Cepoun jouant du fifre et tambourin, et du prêtre, fait halte au Safranier pour un chocolat chaud ou café, puis à la plage de la Salis vers 10H15 pour un verre de vin et des pans bagnats géants. A l'arrivée à la chapelle, la messe est célébrée, suivie d'un pique-nique sous les pins.

Emplacement

Biot
France
43° 36' 1.0224" N, 7° 6' 59.0184" E

Fête patronale de la Saint Julien

Procession à la chapelle St Julien sur la route de Valbonne. Des aubades sont données dans la journée. Une partie de la fête est spécialement consacrée à des jeux conviviaux auxquels participent les enfants : courses en sac, jeu de roumpa pignata.                                                 

 Le vendredi, concours de boules et pique-nique géant sur la place avec animation musicale.

Le samedi, animations toute la journée et le soir grand bal.                                                                          

  Le dimanche matin, grand-messe à l'église Ste Marie-Madeleine, suivie d'un vin d'honneur offert par la ville et le Comité des Fêtes. Animations toute la journée et grand bal en soirée.                                         

Le lundi matin, procession à la chapelle Saint-Julien (départ de l’église Ste Marie-Madeleine, avec l’Amicale des traditions et Lou Cepoun). L'après-midi, concours de boules et jeux d'enfants, avec roumpa pignata  (casse-marmite. Des jarres sont spécialement fabriquées pour les enfants qui les brisent).       

Emplacement

Biot
France
43° 38' 32.5392" N, 7° 5' 25.8972" E

Vierge du Rosaire

 

La forme quasiment carrée du retable comme la présentation des saints latéraux est exceptionnelle dans la région. Dans le panneau central figure la Vierge avec à sa gauche les laïcs et les clercs à sa droite. Des saints entourent le panneau central, peints sur des fonds bleus qui ont pu être dorés à l’origine. La facture maladroite de certains d’entre eux laisse supposer l’aide de collaborateurs plus ou moins habiles.
 
L’iconographie se présente comme une transition de la Vierge au Manteau, telle qu’elle était figurée notamment chez Miraillet, à celui de la Vierge du Rosaire, sans manteau et portant l’Enfant comme elle apparaît dans le retable de Taggia en 1513. On retrouve ce type de représentation et cette double iconographie du Rosaire et de la Vierge de Miséricorde dans les retables d’Antibes et de Briançonnet vers 1515.
 

 

 

 

L'article de Sylvie Barnay, "Une apparition pour protéger", nous apporte des éléments sur l'iconographie de la Vierge au manteau :
Le motif du manteau protecteur de Marie appartient au premier fonds de la mariophanie du Haut Moyen Âge. Il circule ensuite dans l’hagiographie byzantine comme en témoigne, par exemple, la Vie de saint André le Fol composée par Nicéphore dans la première moitié du Xe siècle : « André vit nettement de ses yeux une Dame, de stature très élevée, s’avancer dans sa parure féminine, hors des portes royales, environnée d’un cortège harmonieux […]. La prière terminée, elle s’approcha du sanctuaire, recommença à prier pour le peuple qui l’entourait. Alors, le voile étincelant, elle l’écarta, et, le déployant avec une majesté imposante, elle le maintint étendu de ses mains sans tâches, elle en couvrit tout le peuple qui se tenait au-dessous. Et durant un temps assez considérable, ces hommes admirables, Épiphane et André, le contemplèrent, déroulé au-dessus de la foule et laissant rayonner tout autour une gloire divine, à la manière de l’électrum »
 
En Occident, il faut attendre le XIe siècle pour que la littérature latine des miracles de la Vierge donne à nouveau réception au motif visionnaire au moment où les mentalités, redécouvrant l’humanité du Christ, découvrent aussi celle de sa Mère et lancent véritablement le culte marial en Occident.
 
À la fin du XIIIe siècle, à elle seule, Marie est devenue la forme de toutes les formes, le corps de tous les corps puisqu’elle est à la fois comparée à l’univers et à l’Église, à l’infiniment petit et à l’infiniment grand.
 
Au siècle où l’exégèse définit cette construction vertigineuse, le manteau de Marie devient alors lui-même dans les récits visionnaires le « corps » d’un corps d’Église à part entière : celui des ordres religieux.
 

En formulant une stricte parenté entre « la Vierge comme vêtement du Christ » et « le Christ comme robe de Marie », le langage exégétique du XIIIe siècle a posé les véritables conditions d’une transposition visionnaire de cette homologie. Dès lors, entrer sous le manteau de Marie a aussi signifié « revêtir le Christ » (Rm. 13, 14 ; Ga. 3, 27). On comprend alors la fortune tant narrative qu’iconographique du thème au XIIIe siècle dont Jean Delumeau a montré qu’elle allait de pair au XIVe siècle avec le développement des confréries. Jouant principalement de la définition métaphorique du corps du Christ comme corps d’Incarnation et comme corps d’Église, les auteurs ont alors déployé la robe mariale selon le prodigieux angle d’ouverture qui était le leur. Le manteau de la Vierge est ainsi devenu synonyme d’un « corps » idéal où pouvait prendre place tous ceux qui franchissaient l’enceinte du péché pour entrer dans le sein de l’Église. C’est alors que ce manteau de Marie pouvait protéger, c’est-à-dire contrôler en même temps qu’introduire les hommes dans la lumière du Christ Sauveur et Rédempteur.

Emplacement

Biot
France
43° 37' 36.1848" N, 7° 5' 59.0352" E

 ALCOTRA

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