Bezaudun-Les-Alpes (3)

Bézaudun les Alpes

Emplacement

France
43° 48' 32.4468" N, 7° 5' 48.57" E

 

Au nord de Vence, depuis le parking qui domine ce village coulé sur son éperon rocheux, on a l'impression de pouvoir tenir Bézaudun dans la main, de pouvoir imaginer ses anciens remparts avec assez de précision pour en faire le tour en quelques minutes. Il est dominé par deux tours imposantes. La première est un donjon, dernier vestige d'un château sarrasin. La seconde est le campanile qui veille sur un Bréa (retable de 1556, présentant la « Vierge de Protection et du Rosaire ») qu'il ne faut pas manquer de venir voir dans la chapelle Notre Dame du Peuple, lieu de pèlerinage ancien pour le peuple de l'Esteron. La troisième tour, jouxtant l'église romane de la Nativité de la Vierge, encastrée elle même dans le mur d'enceinte, a malheureusement été détruite par décision du conseil municipal, pour avoir été rendue dangereuse par le séisme de 1887. Il faut dire que Bézaudun en a perdu plusieurs toitures, a vu des planchers descendre de façon spectaculaire et nombre de ses murs anciens lézardés en profondeur. Mais ce clocher devait être maudit, tenu déjà pour responsable en 1806, de la destruction des maisons voisines à la suite d'un coup de foudre.
 
                                                

Retable de la Vierge de la Miséricorde

 

H 3.55/L 2.22
 
Le panneau principal représente la Vierge couronnée abritant l’humanité sous son manteau.
A gauche, un panneau représente st Jean-Baptiste, à droite, st Antoine ermite. Au registre inférieur : Visitation, Nativité, Adoration des Mages.
Au registre supérieur figurent la Visitation et la Nativité de la Vierge, surmontés par une Assomption de part et d’autres de laquelle sont représentés l’Ange Gabriel et la Vierge de l’Annonciation. Le retable est couronné par l’image de Dieu le Père.
 
Une inscription figure : «  FACTUM FUIT 1556 ET REFECTUM 1783 », sous la Vierge au manteau. Selon Alexis Mossa, « le tableau a pu être un bon tableau, il est bien de l’époque primitive, mais il a été entièrement repeint, ainsi qu’en fait foi l’inscription » A l’examen de l’envers (panneau composé de quatre planches de 45 cm de large) l’auteur confirme que sa construction date du 16ème siècle.
 
L'article de Sylvie Barnay, "Une apparition pour protéger", nous propose des éléments de compréhension sur l'iconographie du manteau de la Vierge :
Le motif du manteau protecteur de Marie appartient au premier fonds de la mariophanie du Haut Moyen Âge. Il circule ensuite dans l’hagiographie byzantine comme en témoigne, par exemple, la Vie de saint André le Fol composée par Nicéphore dans la première moitié du Xe siècle : « André vit nettement de ses yeux une Dame, de stature très élevée, s’avancer dans sa parure féminine, hors des portes royales, environnée d’un cortège harmonieux […]. La prière terminée, elle s’approcha du sanctuaire, recommença à prier pour le peuple qui l’entourait. Alors, le voile étincelant, elle l’écarta, et, le déployant avec une majesté imposante, elle le maintint étendu de ses mains sans tâches, elle en couvrit tout le peuple qui se tenait au-dessous. Et durant un temps assez considérable, ces hommes admirables, Épiphane et André, le contemplèrent, déroulé au-dessus de la foule et laissant rayonner tout autour une gloire divine, à la manière de l’électrum »
 
En Occident, il faut attendre le XIe siècle pour que la littérature latine des miracles de la Vierge donne à nouveau réception au motif visionnaire au moment où les mentalités, redécouvrant l’humanité du Christ, découvrent aussi celle de sa Mère et lancent véritablement le culte marial en Occident.
 
À la fin du XIIIe siècle, à elle seule, Marie est devenue la forme de toutes les formes, le corps de tous les corps puisqu’elle est à la fois comparée à l’univers et à l’Église, à l’infiniment petit et à l’infiniment grand.
 
Au siècle où l’exégèse définit cette construction vertigineuse, le manteau de Marie devient alors lui-même dans les récits visionnaires le « corps » d’un corps d’Église à part entière : celui des ordres religieux.
 
En formulant une stricte parenté entre « la Vierge comme vêtement du Christ » et « le Christ comme robe de Marie », le langage exégétique du XIIIe siècle a posé les véritables conditions d’une transposition visionnaire de cette homologie. Dès lors, entrer sous le manteau de Marie a aussi signifié « revêtir le Christ » (Rm. 13, 14 ; Ga. 3, 27). On comprend alors la fortune tant narrative qu’iconographique du thème au XIIIe siècle dont Jean Delumeau a montré qu’elle allait de pair au XIVe siècle avec le développement des confréries. Jouant principalement de la définition métaphorique du corps du Christ comme corps d’Incarnation et comme corps d’Église, les auteurs ont alors déployé la robe mariale selon le prodigieux angle d’ouverture qui était le leur. Le manteau de la Vierge est ainsi devenu synonyme d’un « corps » idéal où pouvait prendre place tous ceux qui franchissaient l’enceinte du péché pour entrer dans le sein de l’Église. C’est alors que ce manteau de Marie pouvait protéger, c’est-à-dire contrôler en même temps qu’introduire les hommes dans la lumière du Christ Sauveur et Rédempteur.
 

 

Emplacement

Bezaudun-les-Alpes
France
43° 48' 28.5444" N, 7° 5' 44.3976" E

Chapelle Notre Dame du Peuple

Emplacement

Bezaudun-les-Alpes
France
43° 48' 26.982" N, 7° 5' 44.5524" E

 

Bézaudun constitue un territoire déjà cité en 1155. Celui-ci est doté d'une église paroissiale bien visible sur le terrain (Notre-Dame du Peuple), mais pour laquelle les sources médiévales sont muettes, en tous cas sous ce nom.
Le village rassemblé autour du château est rejoint par une nouvelle église paroissiale, mentionnée en 1312.
 
La chapelle comporte une nef sans transept à trois travées ouvrant sur une abside semi-circulaire, reprenant un plan commun aux édifices construits dans les Alpes du Sud.
 
 
Elle remonterait au 10ème siècle, mais fut remaniée au 13ème ou 14ème siècle. La couverture en charpente fut remplacée à cette époque par une voûte en plein cintre, l’abside fut modifiée. La toiture de l’abside conserve des tuiles romaines remployées, tegolae sans doute trouvées à proximité de la chapelle, attestant la présence d’un habitat antique.
 

 

 ALCOTRA

Interreg IIIa 2001-2006
ALpi Latine COoperazione TRAnsfrontaliera Italia-Francia (Alpi)

 

Regione Liguria

 

Cote d'Azur

 Alpes Maritimes

 

© Copyright Riti Culture e Feste Project - This is an ALCOTRA Interreg IIIa project - n. 215 - 2001-2006 EU