Emplacement
Italy
43° 42' 4.8888" N, 6° 59' 24.1836" E
Quelques vestiges celtes et ligures nous laissent penser que le territoire du Bar fut occupé dans les temps très anciens. Les romains y établirent des camps à partir de 125 av JC, notamment au lieu-dit La Sarrée, à Courmes et Gourdon, et érigèrent deux tombeaux à l’emplacement actuel du château. .Une pierre gravée provenant d’un de ces monuments est scellée dans la base du clocher.
Le village est bâti sur un éperon rocheux dominant la vallée du Loup, sur un terrain calcaire dans un relief karstique. La pierre calcaire alvéolé apparaît sous l’église, au Valat, rue du Rilas et rue du Baou. Dès le 7ème siècle, les habitants creusent cette roche pour se loger dans des habitations troglodytes pouvant les abriter des intempéries et des prédateurs. Deux de ces habitations ont été conservées au village ainsi que dans la campagne vers Gourdon.
Le plus ancien document connu portant la mention du village, le désigne sous le nom de PONCII ALBARNI : en 1078 dans le recueil des chartes (cartulaire) de l'Abbaye de Lérins. Il est ensuite dénommé CASTRUM DE ALBARNO, le 3 avril 1235, dans un acte d’échange des Princes d’Antibes aux Comtes de Provence. Le nom de ALBARNO (ou ALBARNUM) vient de la racine prélatine ALB (hauteur) suivie du suffixe ARN (fortification). La désignation sous la forme LOU BARN, puis LE BAR, n’apparaît qu’au XVIème siècle. La mention « sur Loup » est ajoutée au 19ème siècle. En parler local, les habitants se nomment toujours LEI AUBARNENC (LES AUBARNOIS).
La population s’accroît et le bourg se développe autour d’une église et du château, aux alentours du 11ème siècle. La communauté érige des fortifications autour du village et un donjon, pour se protéger des invasions Sarrasines, qui le détruisent à plusieurs reprises jusqu’au 15ème siècle.
Après l’acte d’échange du 3 avril 1235 entre les Comtes de Provence et les seigneurs d’Antibes, la seigneurie du Bar appartint à la famille de Grasse qui en eut la possession jusqu’à la Révolution.
Le village est déjà important au moyen-âge. Au 13ème siècle, la Seigneurie du Bar est dotée de son propre étalon de mesure "La Canne" (1m80), et a le droit de battre monnaie. On peut observer cette canne, enchâssée dans la Tour qui héberge de nos jours l'office du tourisme.
Au 16ème siècle, l’activité de ce gros bourg est intense. Le village est un lieu de passage et d’échanges, des foires s’y tiennent régulièrement. Des taxes étaient perçues sur les marchandises, à chaque "Portal" marquant les entrées du village. Les voyageurs pouvaient se loger à l'intérieur du village où de nombreuses auberges les accueillaient, ainsi que leurs montures.
Le Château remonte probablement au 10ème siècle, et fut reconstruit ou rénové à plusieurs reprises au cours du moyen-âge et de l’époque moderne. Il était flanqué de tours dont les deux dernières furent détruites au cours du tremblement de terre de 1887. Quelques éléments du 13ème siècle sont encore visibles, les parties supérieures furent reconstruites après 1887. Les caves furent réhabilités en 2006, elles sont destinées à accueillir des expositions, séminaires, concerts et manifestations communales. L’escalier d’accès au château constitué de 302 marches au départ du chemin de Vence, est encore partiellement visible. Seule subsiste la partie supérieure, traversant la place du Valat et rejoignant la Descente du château qui date du 15ème siècle.
Le château appartint jusqu’à la Révolution, aux Comtes de Bar. L’Amiral de Grasse, le plus illustre d’entre eux, y naquit le 13 septembre 1722 et y passa la plus grande partie de son enfance.
Le donjon qui dominait le château était couronné de créneaux et mâchicoulis. C’est dans le mur, à gauche de la porte, qu’est scellée la « canne » étalon de mesure utilisé au 13ème siècle.
Les Seigneurs de Grasse-Bar se succèdent jusqu'à la Révolution Française, et en 1792, le Donjon, symbole de la puissance seigneuriale, est rasé, le château pillé avant d'être réquisitionné par la Commune Révolutionnaire qui le revendra aux habitants.
L’église saint Jacques le Majeur est construite sur le site d’une église primitive dédiée à saint Jean-Baptiste remontant au 12ème siècle. De cette église primitive subsistent le soubassement de la nef et 6 piliers d’une hauteur de 8 m. L’église fut reconstruite au 15ème siècle, et modifiée plusieurs fois jusqu’au 19ème siècle. Elle présente des éléments d’architecture et de mobilier du plus grand intérêt : portail d’entrée du maître fustier Jacotin Bellot en 1520, le retable de Saint Jacques attribué partiellement à Louis Bréa, le retable de la Mort de Saint Joseph daté de 1519, ainsi qu’un calvaire en bois polychrome. L’époque baroque est représentée avec quelques œuvres des 17ème et 18ème siècles typiques de l’iconographie de l’église de la Contre-réforme, avec une représentation des « Ames du Purgatoire », une « Mort de Saint Joseph » et un autel à Notre Dame du Rosaire. Enfin, l’église renferme une œuvre tout à fait particulière, une Danse Macabre peinte sur bois en 1437 qui rappelle aux hommes leur condition de pêcheurs et les menace des terreurs de l’enfer.
Le village présente encore des éléments du moyen-âge, notamment le « podium des orateurs », lieu de rassemblement municipal qui remonte au 14ème siècle.
Les alentours du village sont protégés par de petites chapelles construites aux quatre points cardinaux de son territoire. Chacune d'elles, consacrée à un saint protecteur donnait lieu, le jour de sa fête, à une grande procession des fidèles et à la célébration de la messe.
Chapelle Sainte Anne: située au dessus du village, Chemin du Terray. Petite chapelle précédée d'un auvent.
Chapelle Saint Michel: située à l'intersection du Chemin de St Michel et du Chemin Ste Anne. Elle est mentionnée dans un texte officiel en 1475.
Chapelle Saint Claude: à l'entrée du chemin pédestre allant du Bar sur Loup à Gourdon. C'est une petite chapelle avec auvent récemment rénovée.
Chapelle Saint Jean: située au confluent du Riou et du Loup, elle est appelée dans les textes anciens: "Saint Jean entre deux eaux". C'est la chapelle dédiée à saint Jean Baptiste, le saint patron du village. Une messe y est célébrée le 24 juin de chaque année et ce pèlerinage donne lieu à des réjouissances dans les prés du quartier de la Papeterie.

